Souvenir des deportés.

Le dernier dimanche d’avril est la journée Nationale du Souvenir de la Déportation

Cet anniversaire a été institué par une loi de 1954 qui a consacré le dernier dimanche d’avril « Journée nationale du Souvenir des victimes et héros de la déportation », au cours de laquelle la nation honore la mémoire de tous les déportés sans distinction, et rend hommage à leur sacrifice.
Le dernier dimanche d’avril a été retenu en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps, et aussi parce que cette date ne se confondait avec aucune autre célébration nationale ou religieuse existante.

Nous avons choisi de vous présenter l’histoire de deux déportés :

Marius Bordeu  (père  de Jeanine NERVI) et Pierre Schollhammer (père de Jean SCHOLLHAMMER) à qui nous rendons hommage:

Marius BORDEU

Camp de Dachau

Camp de Dachau

Marius était natif de Sénas, mais c’est à Marseille où ses actes de résistance l’ont fait dénoncer par un de ses amis. Détenu quelques temps à la prison des Baumettes où il a été torturé, il a eu le triste privilège de faire partie du train de la mort, convoi parti de Compiègne le 02 juillet 1944 vers Dachau où il est arrivé le 05 juillet. Ce train est parti avec un effectif de 2100 à 2500 personnes dont 984 sont morts avant l’arrivée. Il est revenu en 45 à la libération du camp, très marqué par cette terrible épreuve.

Madame Nervi devant le mémorial du train de la monde à Compiègne

Madame Nervi devant le mémorial du train de la monde à Compiègne

Lien utile : http://www.bddm.org/ 

Pierre SCHOLLHAMMER (1904/1989) par son fils, Jean.

J’irai à la cérémonie en mémoire des déportés dimanche à 11h 30 que je ne manque jamais pour honorer le souvenir de mon père.

Après avoir été arrêté par la gestapo de St Dizier pour faits de résistance et de sabotages, il a rapidement été interné à Fresne, puis, après une quinzaine de jours, déporté en Allemagne tout d’abord au camp tristement célèbre de Buchenwald puis ensuite dans une unité beaucoup plus petite et moins connue à Wonfeldbutel près de Hanovre. Après un internement de presqu’un an dans les conditions de maltraitance et de privation que l’on connait, il a été libéré par la neuvième armée américaine du général Simpson vers le 15 avril 1945, ensuite, comme tous les déportés français, il a été balloté dans les services sanitaires militaires avant de faire partie d’un convoi de rapatriement. Quand il est rentré à la maison, nous avons étés prévenus mon frère et moi dans la cour de notre école. Nous sommes partis comme des flèches pour le retrouver. Il était dans son bureau avec un de ses amis résistant, il a essayé de me prendre dans ses bras, mais il a du renoncer car il pesait à peine plus lourd que moi, petit bonhomme de 9 ans et demi.

Je peux ajouter qu’il doit certainement la vie sauve a l’officier, chef de la kommandantur de Saint Dizier qui a été la première personne à le voir lors de son arrestation. Celui-ci lui a demandé de lui remettre son portefeuille qui contenait malheureusement beaucoup de faux papiers destinés à passer clandestinement des résistants en Angleterre par la côte  normande. Le commandant lui a rendu son porte billets et lui a dit avant de le laisser aux mains des SS de service: »Les toilettes sont tout de suite à droite dans le couloir et je pense que vous avez un urgent besoin ».

Si ces papiers étaient tombés dans les mains de la Gestapo, il aurait sans doute été fusillé séance tenante.

Que la mémoire de cet officier  « ennemi » soit bénie à jamais.

Jean SCHOLLHAMMER –Avril 2014

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