Un peu du passé de Pélissanne

Par Jean Proust

L’ancien hôtel de ville, symbole des libertés communales Pélissannaises.

Déjà au moyen âge, la commune était représentée par un conseil de communauté, mentionné en 1245 ce qui prouvait l’intérêt d’un certain nombre d’habitants pour la gestion des affaires. Pendant  la Renaissance, des décisions conséquentes furent prises : le conseil se porta acquéreur de la seigneurie de Cabardel Saint Laurent.

En effet,  le terroir communal était réparti en deux entités distinctes : le fief de Cabardel qui avait été mis en vente par l’archevêque d’Arles et celui de Pélissanne, proprement dit, ayant pour seigneur l’abbé de Montmajour.  Les limites furent définies plus précisément en 1595. La communauté de Pélissanne put alors prêter hommage comme seigneur de sa part de terroir. En 1625, les consuls  font graver des armoiries avec le pélican, montrant qu’ils veulent gérer la commune en bon père de famille dans l’intérêt de tous puisque le symbole qu’il représente est de nourrir ses enfants en se perçant le flanc. Plus tard, 1670, Maurice Thadée Bernus sculpta d’ailleurs les armoiries sur le chapiteau de la fontaine, lors de l’embellissement du monument.   Malheureusement, vers 1641, l’achat de l’arrière-fief, suivi de plusieurs procès onéreux contre Montmajour, grevèrent les budgets. La commune fut obligée de vendre quelques uns de ses biens : ses moulins, y compris sa maison commune.

Il faudra attendre le 12 avril 1682 pour que, le conseil donne pouvoir aux consuls de s’installer sur ses terres et quelque peu en opposition au seigneur de Pélissanne.

« Chercher dans la coseigneurie (Cabardel-Saint-Laurent) quelque maison ou place pour faire une maison de ville. »     

Le premier juin, les consuls, M° Jacques Mérendol, avocat en la cour, M° Pierre Garjane, notaire royal et Jean Fallet, proposent « un lieu à construire à la place de la porte vieille jouxtant le chemin de Salon ». La limite entre les seigneuries étant la  place Cabardel et la rue Carnot actuelles.

Un contrat à prix fait est passé avec Jacques Reymond et Jean Olivier maîtres maçons d’AIX. Jean Massieye et César de Pierre menuisier, Joseph Bonnaud, maréchal à forge, Esprit Arnaud, serrurier, tous de Pélissanne  ainsi que Joseph Mazet maître plombier d’Aix complèteront le travail.

Le 25 mars 1683, la construction est terminée.

Estienne Phillip, Pierre Estienne de Monet, bourgeois et Antoine Villevielle commettent des experts, à condition qu’ils ne soient pas Aixois, vu l’origine des maçons, pour assurer la récepte ( réception ) de la maison et du four. Les consuls ont changé car les statuts communaux précisaient que les élections étaient annuelles et qu’il fallait quatre ans écoulés pour être rééligibles ce qui évitait, dans une certaine mesure, toute tentative de favoritisme ou de prévarication. 

L’hôtel de ville a été témoin  de multiples débats ; de nombreux Pélissannais y ont convolé puisqu’il a été utilisé dans cette fonction jusqu’en 1966. Après avoir été inscrit à l’inventaire supplémentaire des bâtiments de France (toiture, façade et escalier à balustres, il a été restauré par l’entreprise Girard d’Avignon en 1984 sous l’autorité de M. de Ronsseray, architecte des bâtiments de France. Il a hébergé le musée archéologique et historique. Ce lieu chargé d’histoire était tout indiqué pour pouvoir présenter la vie de la commune avec les témoignages  concrets de la préhistoire à nos jours. De multiples expositions y ont été créées : La voie aurélienne, les échanges au néolithique, la poterie pélissannaise, le passage des troupes royales, les moulins pélissannais sur la Touloubre, l’élevage et la transhumance, les monnaies et leur fabrication, histoire de la poste de Pélissanne, les démêlés du canal de Craponne avec la commune, l’œuvre de Barot y compris avec tournage et distribution de poteries …

Jean Proust

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