1914-1918 : l’atroce conflit. Chapitre 1 : les souvenirs

11 Novembre 1918, fin des combats. Il reste à répertorier les morts.

Chaque village de France a gravé dans la pierre les patronymes de ses » Glorieux enfants Morts pour la France », afin que nul n’oublie.

Monument

Leur mémoire sera honorée le onze Novembre de chaque année.

De mon enfance dans mon village du Cantal, j’ai gardé le souvenir de cette cérémonie annuelle.Une voix lugubre égrenait chacun des noms et prénoms de nos Morts et la foule répondait en écho  » Mort pour la France ».

Nous étions dans les années 1950 / 1960, c’est à dire trente à a quarante ans après le conflit, les racines familiales étaient fortes, les survivants encore nombreux et ces noms  » parlaient à tous ».

« C’était le fils Untel, sa famille est issue de tel village ou de telle ferme, il est tombé à tel endroit, dans telles conditions ». La tristesse était encore preignante.

J’ai aussi le souvenir de « Jeanne »,grande amie de mes grands partents, devenue ma grand- mère d’adoption. « Jeanne », contemporaine de ces garçons qu’elle avait tous connus, considérait de son devoir de venir, chaque année, déclamer, devant le monument aux morts, bien droite, canne à la main, sans papier et d’une voix forte, le poème de Victor Hugo

 » AUX MORTS POUR LA PATRIE ».

Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d’eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu’enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

C’est pour ces morts, dont l’ombre est ici bienvenue,
Que le haut Panthéon élève dans la nue,
Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours,
La reine de nos Tyrs et de nos Babylones,
Cette couronne de colonnes
Que le soleil levant redore tous les jours !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu’enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe,
En vain l’oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe,
Passe sur leur sépulcre où nous nous inclinons ;
Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle,
La gloire, aube toujours nouvelle,
Fait luire leur mémoire et redore leurs noms !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
A ceux qu’enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts !

VictorHUGO  (1802 1885)

« JEANNE » s’acquittera de sa mission jusqu’à son dernier souffle, à plus de quatre vingt dix ans.

Aujourd’hui, dans toutes les villes et villages de France, les survivants nous ont quitté avec leurs souvenirs, seuls restent les monuments et les noms.

Qui, passant devant un Monuments aux Morts, ne s’est pas, un jour, interrogé ? Que cachent ces noms ? Quelles histoires ? Quels drames ? Quelles douleurs pour eux et leurs proches ?

Le paradoxe de notre humanité c’est que tout ce qui est facilement accessible est négligeable.

La valeur est provoquée par la rareté.

C’est, hélas, vrai pour notre mémoire collective, chacun de nous, à commencer par moi même, regrette d’avoir  » laisser partir » les anciens sans avoir enregistré ou noté leurs souvenirs.

Cent ans ( déjà) que commençait une terrible opération de mort, fauchant dans tous les camps une jeunesse dans la fleur de l’âge.

Les médias vont se charger de nous le répéter tout au long de l’année, nous allons entendre (ou retrouver) les noms des batailles, peut être des détails nouveaux, l’histoire se révèle toujours tardivement.

Une idée m’est venue : ET PELISSANNE dans tout ça?

J’y habite depuis 15 ans, je ne connais aucune des familles de ces morts.

Et si j’essayais de retrouver l’histoire des enfants de Pélissanne disparus dans ce conflit avec pour fil conducteur la chronologie des évènements.

A chaque évènement majeur de cette guerre, un ou plusieurs enfants de PELISSANNE ont perdu la vie, profitons du  » projecteur » porté sur chacun de ces évènements pour dire :

 » PELISSANNE Y ETAIT, PELISSANNE A SOUFFERT « 

Le 1er août 1914 à 16 heures, le tocsin sonne, à PELISSANNE et dans toutes les communes de France. La guerre avec l’Allemagne est déclarée. Les raisons, les conditions de cette déclaration de guerre, seront rappelées par les historiens.

 

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