Pélissanne. Deuxième partie : la fin de l’empire et le Moyen-Age, le déclin

Epoque paléo-chrétienne : la christianisation et la fin de l’empire

C’est vers cette période que la Provence se christianise à grande échelle. L’empereur Constantin fait d’Arles la capitale de l’Empire d’Occident, en 313, et la prospérité de la région profite bien entendu à Pélissanne.

La ville romaine d'Arelate (Arles)

La ville romaine d’Arelate (Arles)

 

Diffusion du Christianisme au III siècle après J.C.

Diffusion du Christianisme au III siècle après J.C.

Plus tard, en 395, son lointain successeur Théodose  sépare à nouveau l’empire en Occident et Orient et rapatrie le gouvernement de Trèves en Arles, qui devient alors la capitale de toutes les Gaules.

L’oppidum de Constantine est occupé à nouveau par les populations des plaines qui se protègent des invasions barbares. Les murailles sont reconstruites, ce qui leur permet de nous parvenir dans un relatif bon état vingt siècles plus tard. En revanche, les constructions qui étaient encore debout ont alors été démolies pour servir de réserve de matériaux à l’édification de la nouvelle agglomération. C’est ainsi que l’enceinte du sanctuaire a été dépouillée de ses blocs de grand appareil pour permettre d’autres constructions : la religion gauloise des Salyens n’avait plus cours dans une région gagnée désormais par le christianisme.

La Provence atteint son apogée en terme de puissance et de rayonnement au Vème siècle, mais les invasions de peuples du nord, de plus en plus fréquentes, font craquer l’Empire Romain jusqu’à le disloquer.

Le Moyen-Age : le déclin

Au Moyen-Age, compté du Vième au XVème siècle de notre ère, après les invasions barbares qui ont fait disparaître les villae romaines, le village s’est sans doute déplacé plus au nord de la Voie Aurélienne, à l’emplacement de la ville actuelle, avec la réunion des hameaux anciens établis sur les contreforts des Costes. Sur le site fouillé, la chapelle de

La chapelle dans son état actuel, malgré son classement

La chapelle dans son état actuel, malgré son classement

Saint Laurent de Cabardel est tout ce qui subsiste aujourd’hui de la probable reconstruction au XIème siècle (en 1069) d’une véritable église plus ancienne, probablement érigée au Vième siècle de notre ère d’après la datation des objets retrouvés dans les tombes voisines. Puis, les documents anciens indiquent que la commune de Pélissanne occupait dès avant 1245 le fief situé au nord de la Touloubre, tandis qu’une partie du Sud de la plaine passait sous la dépendance de Lançon.

En effet, il faut se souvenir que le millénaire appelé le Moyen-Age a donné lieu à des transformations sociales profondes. Les grandes invasions barbares qui ont abattu l’Empire Romain ont fait disparaître avec lui la Pax romana et l’ordre qui résultaient d’une administration et de systèmes social, judiciaire, fiscal et monétaire centralisés et stables. Elles ont laissé les régions anciennement romaines ruinées, et s’est posé le problème d’un grand vide : quelles autorités, quel régime de propriété des terres agricoles et du foncier en général ? Pour combler ce vide, l’empire Carolingien a réuni sous l’autorité centrale de Charlemagne, les royaumes des Francs et des Mérovingiens. A son démembrement, la Provence acquiert un statut indépendant de Comté.

Peu à peu s’instaure le régime féodal, avec un nouveau découpage foncier par fiefs, sous l’autorité de seigneurs. Ces derniers, qui assoient leur autorité par la force, bâtissent des châteaux forts pour se défendre contre les attaques des autres seigneurs ou même de leurs suzerains. La Provence n’échappe pas à ces bouleversements.

Naturellement, les populations d’agriculteurs et d’éleveurs préfèrent se regrouper près des lieux où leur seigneur peut les protéger, voire les abriter, soit en cas de conflit local, soit contre des envahisseurs, pirates barbaresques par exemple. Ces lieux protégés sont généralement établis sur les hauteurs ; ainsi les populations peuvent être conduites pendant certaines périodes, à délaisser l’habitat de la plaine, trop sujet à dévastation.

Pélissanne perd de son importance comme bourg, au profit des localités voisines, qui peuvent dans ces nouvelles conditions se développer autour d’un château fort : essentiellement Salon (le château, mentionné pour la première fois au Xème siècle, est le lieu de résidence préféré des archevêques d’Arles, jadis sous la suzeraineté des empereurs romains germaniques, d’où son nom de « Empéri ») et Lançon (Raymond des Baux s’y fait construire un château, dont il reste aujourd’hui encore d’importants vestiges) ; mais aussi La Barben (le « castrum de Barbentum » est mentionné pour la première fois en 1069 dans un cartulaire de l’abbaye de Saint Victor de Marseille, alors propriétaire des terres). Ces deux villes (Lançon et Salon) deviennent les résidences de seigneurs importants, grâce à leur situation géographique, qui permet la construction d’un fort sur une éminence.

Cette époque troublée voit cependant un évènement très positif : la fondation (vraisemblablement vers 1400) d’un hôpital, rue Carnot (anciennement rue de l’Hôpital). Les remparts de Pélissanne semblent également avoir été construits, ou au moins remaniés, à cette époque, vers 1405.

Pélissanne sort du moyen-âge partagée en deux fiefs. Cabardel, sa partie située au Sud, en rive gauche de la Touloubre dépend de l’Archevêque d’Arles, tandis que la partie Nord, en rive droite est rattachée à l’Abbaye de Montmajour. La dépendance romaine d’Arles a ainsi perduré au travers de toutes ces époques troublées. Mais la population de Pélissanne a fortement diminué entretemps (270 habitants en 1471), malgré la tenue annuelle d’une foire, favorisée par la situation de Pélissanne à la croisée des grandes voies de communication !

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