1914-1918 : l’atroce conflit. Chapitre 5 : La stabilisation du front en 1915

Le 2ème canonnier (2ème classe artilleur) Hermitan, Jules, Henri est né le 21 avril 1877 à Pélissanne. Il a été mobilisé au 10ème régiment d’artillerie à pied basé à Toulon (Fort de Saint-Elme). L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il ait appartenuà la 22ème batterie (l’équivalent d’un bataillon dans l’infanterie).

La 22 ème batterie est transportée en train jusqu’à Toul, où elle arrive le 8 septembre, pour participer aux combats du front de l’est. D’abord stationné dans la grande couronne de Nancy, la batterie est affectée, début novembre 1914 près de Chateau-Salins à Moncel-sur-Seille (Moselle). Initialement dotée 2 canons de 155 C (canon court) et de 8 canons de 95, elle reçoit au 1 er décembre le renfort de 2 canons de 12 L (canon long). A la mi mars 1915, plusieurs hommes sont atteints de fièvre typhoide, ce qui contraint l’unité à une vaccination antityphoidique le 28 mars. Le canonnier Hermitan figure parmi les malades. Evacué sur l’hôpital de Nancy, il est dirigé ensuite sur le dépôt du 10 ème RAP à Toulon, où il décède le 10 avril 1915.

la zone des combats du 10ème RAP en mars 1915

la zone des combats du 10ème RAP en mars 1915

Le soldat Marcellin Marius est né le 20 octobre 1894 en Avignon. Il sert au 75 ème régiment d’infanterie, stationné à Romans (isère) lorsque le conflit éclate. Son régiment est mis en route par le train vers le front de l’est, dès le 6 août.

Par la suite, le 75 ème RI a été affecté à la zone des combats de l’Aisne. Il a été cantonné dans la région de Chaulnes, en particulier, de mars à mai 1915. Le 6 juin, le 75 ème RI a reçu l’ordre de se déplacer d’une cinquantaine de km vers le Nord, où le front est stabilisé autour d’Hébuterne (pas-de-Calais). Après quelques courtes reconnaissances, gênées par les tirs de l’artillerie allemande, l’ordre est clair : “le 75 ème attaquera, occupera et organisera la portion de tranchée allemande comprise entre le rentrant à l’est du point 375 et le triangle correspondant au point 377 inclusivement….. L’attaque se déclenchera après une préparation de ¾ heure d’artillerie à 3h30.”

L’attaque est meurtrière et le sodat Marcellin y laissera la vie, le 8 juin 1915, à 21 ans.

la zone des combats près du 75ème RI, près d'Hébuterne

la zone des combats près du 75ème RI, près d’Hébuterne

Le chasseur de 1 ère classe Barral Abel, né le 4 avril 1894 à Pélissanne est sous les drapeaux, au sein du 6 ème bataillon de chasseurs à pied, stationné à Nice, à la déclaration de guerre. Son bataillon compte 1690 hommes de troupe et sous-officiers (ainsi que 139 chevaux et mulets) à son départ en train vers Vézelise le 9 août 1914.

Après avoir participé aux combats en Lorraine, puis en Belgique, le 6 ème BCP rejoint les Vosges, au Thillot, le 14 janvier 1915. Le 10 mai, le 6 ème BCP est dirigé vers Metzeral (près de Munster) pour participer à une contre-attaque. Lors de l’attaque des tranchées du Braunkopf, les 15 et 16 juin, le 6 ème BPC perdra 8 officiers (tués et blessés) et aura 489 hommes hors de combat. Le chasseur Barral décède lors de cette attaque, à 21 ans.

Le chasseur de 2 ème classe Daumas Auguste Innocent, né le 28 décembre 1882 à Pélissanne est rappelé au 24 ème Bataillon de chasseurs. Le 24 ème BC éait en manoeuvre dans l’arrière-pays Niçois en juillet. En prévision de la mobilisation, il a rejoint son cantonnement de Villefranche. La mobilisation a été très rapide et le 24 ème BP a été embarqué en train vers le front de l’est, comptant 1706 sous-officiers et hommes de troupe, ainsi que 135 chevaux et mulets.

Le 24 ème BC participe aux combats aux côtés du 6 ème BCP lors de l’attaque et de la prise du Braunkopf et des villages d’Altenhof et de Metzeral, du 15 au 20 juin 1915. Le chasseur Daumas Auguste y laissera la vie le 16 juin 1915, âgé de 33 ans.

Les soldats Pietri Joseph, Antoine, Lucien, né le 21 octobre 1883 à Salon et Séry Joseph, Jules, Jean-Baptiste, né le 6 août 1881 à Aix, sont tous deux réservistes et affectés au 112 ème régiment d’infanterie. Aucune précision n’est disponible quant aux circonstances qui ont entouré le décès à un jour près des deux soldats Pietri et Séry Joseph, le 30 juin et le 1er juillet 1915 à la Grurie (Marne). Ils avaient respectivement 32 et 34 ans.

Le soldat Laurin Antonin, Honoré, né à Bouc le 8 mai 1895, a été appelé pour faire partie du 414 ème régiment d’infanterie. Ce régiment a été créé le 31 mars 1915, à partir de bataillons divers en provenance de régiments décimés au combat, au camp de Jonage (Rhône).

Le 414 ème RI est embarqué en train le 14 avril pour la gare régulatrice de Creil (Oise) et en finale Corbie (Somme, 15 km à l’est d’Amiens). De là les bataillons sont dirigés à Fouilloy et Villers-Bretonneux. A partir du 30 juin, le 414 ème RI est réparti sur les villages de Framerville-Rainecourt et Fauconcourt (Somme) où il occupe les tranchées en alternance avec le 413 ème RI, la relève se faisant tous les 7 à 8 jours. Il n’y a pas de véritable attaque frontale, mais plutôt des escarmouches où sont visés les hommes qui sont visibles hors des tranchées.

C’est dans ces circonstances que perd la vie le soldat Laurin, à l’ambulance n°2 de Villers-Bretonneux, suite aux blessures reçues à Rainecourt le 17 juillet 1915. Il avait 20 ans.

Le soldat Avondoglio Lucius, né le 14 octobre 1886 à Pélissanne, est réserviste et appelé au 24 ème régiment d’infanterie. En été 1915, ce régiment fait partie du 3 ème corps d’armée de la X ème armée. Le 3 ème corps d’armée lance une offensive d’envergure dans le secteur d’Acq (Pas-de-Calais) pour prendre à l’ennemi quelques tranchées sensibles. Les combats se déroulent du 25 au 28 septembre et sont victorieux, comme en témoigne la citation suivante :

Le général Cdt la X ème armée cite à l’ordre de l’armée :

Le III ème corps d’armée

Sous le commandement de son chef, le général Hache, a fait preuve au cours des attaques des 25, 26, 27 et 28 septembre, de remarquables qualités d’entrain, de vigueur et de ténacité et a enlevé une importante partie de la position ennemie.”

Le général Cdt la X ème armée

D’Urbal

C’est au cours de ces combats que sera mortellement blessé le soldat Avondoglio, décédé à l’ambulance d’Aubigny en Artois le 1er octobre 1915 à l’âge de 29 ans.

Le soldat Reynaud Marius, Louis, Auguste, né le 4 septembre 1887 à Pélissanne, est réserviste et enrôlé au 15 ème régiment d’infanterie, cantonné à Albi (Tarn). Ce régiment sera sera lui aussi initialement dirigé sur le front de l’est, à Mirecourt (Vosges).

A l’été 1915, le 15 ème RI est cantonné près de Valmy (Marne). Le 25 septembre, il “reçoit l’ordre de tenir le front entre le bois Demi-lune et l’Index de la Main-de-Massiges pour combler le vide entre le 1er Corps Colonial et le 20 ème Corps et participer à une attaque générale avec, comme objectif, le Mont Têtu…. Le Rgt est chargé de tenir avec 2 Btons (1er et 2 ème) les tranchées de l’Index conquises par les Coloniaux qui y avaient subi de très fortes pertes et avaient besoin d’être soutenus pour continuer leur progression et le nettoyage des boyaux en arrière de la première ligne, le 3 ème bataillon est maintenu sur les pentes S.O de l’Index…. le 26 septembre, le régiment reçoit l’ordre d’attaquer le Mont Têtu.”

Au cours de ces combats, du 25 septembre au 5 octobre, le régiment perd 962 hommes (tués, disparus ou blessés, tous grades confondus). Le soldat Marius Reynaud fait partie des victimes, le 2 octobre, il avait 28 ans.

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