Pélissanne. Troisième partie : La Renaissance et l’époque moderne : Pélissanne se développe à nouveau

La Renaissance : la Provence perd son statut de comté indépendant

Pélissanne a longtemps appartenu, par ce double rattachement, au Comté indépendant de Provence et ne devient française qu’en 1483, lors de l’annexion de cette province au Royaume de France, par Louis XI.

La paix n’est cependant pas retrouvée pour autant, car bientôt les guerres de religion vont enflammer aussi notre région. Autour de 1550, les consuls font consolider les remparts, construire le premier beffroi, et remettre en état le pont-levis.

La fin de la Renaissance est marquée par une réalisation spectaculaire, due à un entrepreneur hors pair : le canal conçu et réalisé par Adam de Craponne.

Ce brillant ingénieur salonais a en effet permis aux agriculteurs de s’affranchir d’un climat trop aride en amenant toute l’année l’eau de la Durance, par un canal. En outre, ce canal apporte une source d’énergie hydraulique pour les moulins à blé et les moulins à fouloirs utilisés par les drapiers. Lorsque la dénivellée le permet, ce canal peut également alimenter des moulins à huile. C’est tout le terroir agricole qui va profiter de ces nouvelles conditions de culture et d’exploitation. Dès 1567, le Canal de Craponne alimente le territoire de Pélissanne, sur son chemin vers Lançon.

L’époque moderne : consolidation à partir du XVIIème siècle

L’administration communale est en ces temps confiée à des Consuls, élus par les notables. Dans un souci d’unité territoriale, ces consuls acquièrent le fief de Saint Laurent de Cabardel en 1598, acheté à crédit aux archevêques d’Arles. Les Consuls de Pélissanne, devenus enfin seigneurs de Pélissanne réunifiée, font alors graver en 1625 des armoiries (où figure un pélican), qui sont devenues le symbole de notre ville. En 1621, l’église est agrandie et son clocher reconstruit (1625) : c’est encore le clocher actuel, désormais classé avec l’église.

Leurs successeurs font construire en 1682 un édifice à vocation de maison commune (ils en avaient reçu mandat : « afin de chercher dans la coseigneurie quelque maison ou place pour faire une maison de ville »), ce qui témoigne d’un rare souci de l’esprit de communauté dans une agglomération de cette taille (environ 1800 habitants). Cet édifice est classé lui aussi.

L'Hôtel de ville construit par les consuls

L’Hôtel de ville construit par les consuls

Les Consuls font reconstruire le beffroi, qui menace ruine, en 1702. C’est celui qui subsite de nos jours.

La peste de 1720 n’épargne pas Pélissanne, malgré les précautions prises par les consuls pour l’en protéger. Les morts sont enterrés au cimetière qui se trouve face à l’église, sous l’actuelle place Eric Croux.

La Fontaine du Pélican est érigée en 1770. Œuvre du sculpteur aixois Bernus. Elle est désormais monument classé. Pélissanne est alors une bourgade aisée qui compte environ 2400 habitants.

Après dix ans d’interdiction en raison des risques d’effondrement (1796-1806), l’église est remplacée par un édifice plus grand et construit perpendiculairement au précédent, dont la construction est achevée plus de 20 ans après (consécration en 1830).

En 1863, la Fontaine du pélican est désormais alimentée par sa source toujours actuelle, située sur le terrain du “Chateau Piquette”, grâce à un acqueduc souterrain, qui comportait un conduit en bourdeaux de terre cuite, remplacé par la suite par un conduit en fonte. Le lavoir des Passadouires, qui est alimenté par le déversoir de la fontaine, est également construit à cette époque, en 1870.

 

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