1914-1918 : l’atroce conflit. Chapitre 7 : La reprise du Chemin des Dames et la poussée de Verdun

A la fin de l’année 1916, le front est stable, mais l’armée française a été saignée à blanc au cours des batailles de la Somme et de Verdun. De nombreux régiments ont perdu jusqu’à 80 %, voir 90 % de leur effectif. Le commandement recompose certains régiments en leur affectant des bataillons, voire des compagnies de ces régiments réduits à quelques centaines de combattants, qui vont être dissous pour certains ou renouvellés à partir des recrues de la classe 1917.

C’est ainsi que la plupart des rescapés changent d’unité, plusieurs fois pour certains, au cours de ces recompositions. Désormais pour ceux qui étaient sous les drapeaux ou qui ont été incorporés en 1914 et 1915 il n’y a plus de lien direct entre leur régiment d’incorporation et celui où ils servent en 1917.

Le soldat de 2ème classe Castelas Jules, Emile est né le 11 avril 1894 à Pélissanne. Il sert au 346ème régiment d’infanterie, alors affecté en Lorraine à Marainviller, à la défense de Lunéville.

À l’hiver 1916-1917, les jours se suivent avec leurs bombardements d’obus fusants et de marmites, qui détruisent les tranchées, ensevelissent , tuent et blessent les hommes. Le soldat Castelas Jules est lui victime d’une maladie imputable au service (pneumonie ?) : il décède à l’hôpital auxiliaire 102 de Lunéville le 6 avril 1917, âgé de 23 ans.

 Le Chemin des Dames

Cette portion de l’actuelle route départementale de l’Aisne D18 CD, se situe sur un plateau, orientée d’est en ouest. Sur le versant sud de ce plateau, les allemands ont creusé des galeries où ils ont installé des mitrailleuses, qu’il est impossible aux français d’atteindre avec l’artillerie. C’est pourtant là que le général Nivelle, en charge du secteur, a programmé la grande offensive de printemps qui doit lui permettre de faire reculer de 20 à 30km, espère-t-il, la ligne de front.

carte du front lors de la reconquête en 1917

carte du front lors de la reconquête en 1917

Pour ceux qui souhaiteraient plus d’information graphique,  voir les variations du front en 1917 et 1918. Pour ceux qui sont intéressés par un récit détaillé des combats près de Laffaux, voir le témoignage du photographe militaire affecté au 24ème RIC , ou, en moins détaillé la page du site d’histoire , ou encore, plus coloré et animé, le site de la visite.

Le soldat Claude Manson est né le 27 juillet 1891 au Paradou. Il sert au 24ème Régiment d’Infanterie Coloniale.

Au début de l’année 1917, son régiment est dans la région d’Orvillers, à l’ouest de Noyon, aux confins de l’Oise et de la Somme. En dehors des temps de surveillance de l’ennemi, passés dans les tranchées, les hommes sont occupés à des travaux de terrassement pour réaliser des boyaux de liaison entre tranchées, ou les reconstruire après qu’ils ont été détruits par les bombardements d’artillerie. Puis son unité fait mouvement vers Soissons où il arrive le 8 avril et repart vers le nord-est, vers Laffaux. Avec le 22ème RIC, il fait partie de la 6ème Brigade d’infanterie coloniale, qui est prévue pour être engagée dans l’offensive proche, connue sous le nom de “Chemin des Dames”. Là, “les travaux d’aménagement des parallèles et boyaux de départ continuent activement”, principalement de nuit. Mais à partir du 12 avril, il faut également reconnaître le terrain, car l’offensive est proche, même si le jour n’est pas encore connu. » Le Jmo note à la date du 14 avril : “Nos patrouilles sont actives, elles vont se rendre compte de l’état des réseaux de fil de fer de l’ennemi. Toutes reprennent après avoir été reçues à coups de fusil avec le renseignement suivant: en certains endroits, les fils de fer sont détruits d’une façon insuffisante et en certaines parties, tout est à recommencer, les travailleurs boches ayant réparé les réseaux. L’aviation ennemie s’est montrée active, surtout le soir vers 20 heures, une escadrille ennemie survole très bas nos lignes.”

L’attaque est enfin fixée au 16 avril : “les troupes sont sur leurs positions d’attaque à 5 heures du matin; le déclenchement doit se produire à l’heures H= 9.”

L’ordre d’opérations intégral est retranscrit dans le JMO du 24ème RIC à l’adresse (pages 17 à 21) : JMO du 24ème RIC

C’est au cours de l’assaut du premier jour que le soldat Manson est tué à l’ennemi, âgé de presque 26 ans.

La figure ci-dessous illustre les mouvements lors de cette offensive

carte de l'offensive du 16 avril

carte de l’offensive du 16 avril

Le sergent de Faucher Joseph, Marie, Alphonse isidore est né le 7 juillet 1914 à Pertuis (84). Il sert au 22ème régiment d’Infanterie

Le 8 mai, le 22ème RI relève le 65ème RI dans le secteur de Serval (25 km à l’est de Soissons). Le front est l’objet d’échanges de tirs quotidiens. Les Allemands utilisent l’aviation de jour et des fusées éclairantes de nuit pour guider l’artillerie. La nuit du 23 au 24 mai, à partir de 23 heures, “les tirs sont extrêmement violents” sur les positions du 2ème bataillon, qui compte 10 tués cette nuit-là. Le sergent Joseph De Faucher meurt cette nuit du 23 mai 1917 à Vendresse (02).

Les combats ont été parmi les plus violents de ce conflit. Des villages ont été rasés, comme Craonne, situé à l’est du Chemin.

Tunnel allemand à flanc de coteau

Tunnel allemand à flanc de coteau

L’été 1917 est aussi la date de la reprise complète du secteur de verdun par l’armée française. Après des tentatives des Allemands de faire des brêches dans le front (combats du Mort homme et de la Cote 304 en juin et juillet), les Français décident de les repousser définitivement hors de la poche qu’ils tenaient encore. La ligne du front est en rouge sur les deux illustrations suivantes, tirées d’un site spécialisé.

Le front près de Verdun en août 1917 (1)

Le front près de Verdun en août 1917 (1)

offensive août 2

Le groupement d’artillerie de la 126ème division comprend le 38ème régiment d’artillerie de campagne.

Le maître-pointeur Bicheiron Jules est né à Pélissanne le 25 juin 1889. Il sert dans ce régiment. Il est blessé au cours de cette offensive et meurt de ses blessures à l’ambulance 3/7 de Verdun (55) le 9 septembre 1917, âgé de 28 ans.

L’année 1917 se termine malgré tout par une avancée du front en faveur des alliés, comme illustré ci-dessous :

Le front en fin 1917 et le territoire reconquis dans l'année

Le front en fin 1917 et le territoire reconquis après 3 ans de guerre

 

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