1914-1918 : l’atroce conflit. Chapitre 8 : Le tournant avec l’entrée en guerre des USA, les offensives allemandes en 1918 et les contre-offensives finales

Le contexte en 1918

Après trois ans de relative stabilisation du front en France, seule une percée d’ampleur peut permettre d’emporter la décision et d’être en position de force dans les négociations de fin du conflit, qui semblent désormais inéluctables, en raison de la pression diplomatique exercée par les Etats-Unis.

Le chancelier Lüdendorff, qui est le véritable dirigeant de l’Allemagne, a pour sa part l’intention de lancer cette offensive au printemps, à la jonction entre les armées française et britannique. Il bénéficie pour cela de l’arrivée près du front français des divisions qui viennent d’être retirées du front russe après la révolution d’octobre et l’armistice avec l’armée russe.

De son côté, Pétain nouveau généralissime convainc Clémenceau, nouveau président du conseil, du bien-fondé de la nouvelle stratégie : laisser l’ennemi enfoncer la première ligne et l’arrêter sur la deuxième ligne renforcée à cet effet, puis à son tour lancer une offensive de manière à percer le front de l’armée allemande. Cette stratégie ne sera pas efficace dans un premier temps, par manque de moyen d’appui : artillerie et aviation (pour l’observation et le bombardement).

Le sapeur Serre Marius, Charles, Joseph est né le 17 février à Pélissanne. Appelé au titre de la classe 1917, il a rejoint le 3ème Régiment du Génie et en mai 1918 il est affecté à la 5ème compagnie du 2ème bataillon. Cette compagnie doit entretenir les tranchées autour du cantonnement de Godewaerswelde, à mi-chemin entre Armentières et Saint-Omer. On trouve la trace précise de l’origine de son décès, dans le JMO de sa compagnie :

extrait du JMO du éème bataillon

extrait du JMO du 2ème bataillon

Emmené à l’ambulance 2/82 du secteur 207, il y décède la même nuit, le 28 mai 1918, âgé de 21 ans.

Le soldat Boulian Marcelin, Paul, Jean est né le 15 mai 1898 à Pélissanne. De la classe 1918, il a au plus un an d’expérience à la guerre, s’il a été appelé en 1917. Affecté au 121ème Régiment d’Infanterie, il participe aux combats de reconquête du territoire dans la Meuse. Il décède à Soully (55) le 28 juillet 1918, âgé de 20 ans.

Le brigadier conducteur Martin Joseph est né le 24 mai 1888 à Cavaillon. En 1918, il est affecté au 38ème Régiment d’artillerie de Campagne, cantonné dans la Somme. Il contracte une broncho-pneumonie (probablement suite à une attaque par gaz toxique) et décède à l’ambulance 6/10 de Choix, canton de Conty (80) le 14 août 1918, âgé de 40 ans.

L’aspirant Bicheron Fernand, Marius est né le 25 mars 1895 à Pélissanne. Il est affecté au 359ème Régiment d’infanterie, qui a subi d’énormes pertes dès le mois de mai 1918 lors des offensives dans le Nord, avec l’appui des troupes anglaises, puis de nouveau à l’occasion des offensives françaises début août à Courcelles-Epayelles, près de Noyon (60). L’aspirant Bicheron de la classe 1915, a vraisemblablement été promu “au feu” et commande la 19ème compagnie ; il meurt dans les combats du 20 août pour reprendre le Bois des loges, âgé de 23 ans.

carte Bois des Loges annexée au JMO

carte Bois des Loges annexée au JMO

Le lieutenant Hermite Paul, Gustave est né le 18 avril 1883 à Pélissanne. En 1918, il est affecté au 21ème Régiment d’Infanterie Coloniale, stationné dans la Marne. Le 6 octobre, son régiment a reçu “la mission de recommencer l’attaque du village de Bazancourt, d’où vient d’être rejeté le 5ème Régiment de Tirailleurs Sénégalais, avec l’appoint d’une compagnie de ce régiment. L’attaque, fixée d’abord pour le 7 octobre à 7 h. , est remise à une heure ultérieure: 16h30’….

Objectif: conquête de Bazancourt – organisation d’une tête de pont devant englober le cimetière, la côte 78, boqueteau à 1 km est de Bazancourt, ligne générale à défendre: cimetière, voie ferrée appuyée à gauche et à droite à la Suippe.

Exécution : sous une protection insuffisante de notre artillerie et par contre un tir ennemi d’artillerie très intense et de mitrailleuses, les Cies s’engagent à 16h30…

On ne peut que constater une fois de plus l’engagement de l’infanterie sans l’appui essentiel d’une l’artillerie en capacité suffisante. Les pertes sont élevées lors de l’assaut.

Le lieutenant Hermite tombe au champ d’honneur lors de cette attaque le 7 octobre 1918, âgé de 35 ans.

Le caporal Roman Florent, Joseph est né le 17 février 1873 à Pélissanne. En 1918 il est lui aussi affecté à la 15ème section de COA (voir l’encadré sur la 15ème section plus avant au chapitre 8) . Il contracte une broncho-pneumonie en service et décède le 9 octobre 1918 à l’hôpital auxiliaire 2 de Marseille.

Le soldat Alibert Lucien, joseph est né le 26 juillet 1898 à La Barben. Il appartient au 115ème Bataillon de Chasseurs, qui depuis l’été 1918, est engagé dans les combats de l’offensive française qui conduira à la capitulation de l’Allemagne. En octobre 1918, le 115ème BC est engagé pour délivrer Saint-Quentin et repousser les allemands. Les combats sont âpres et les allemands continuent d’utiliser les obus toxiques.

Le chasseur Alibert tombe au champ d’honneur près de la Ferme de Couvry le 31 octobre, âgé de 20 ans.

Le soldat Barrielle Gabriel, Maurice, Marius est né le 21 septembre 1896 à Pélissanne. Incorporé en 1916, il sert en 1918 au 73ème Régiment d’Infanterie. Cette unité a également participé aux combats du Nord lors de la contre-offensive française de mai puis de l’offensive française. Il a été grièvement blessé et a été soigné à l’hôpital temporaire 62 de Gravelines, où il est finalement mort des suites de ses blessures le 17 mars 1919, quatre mois après l’armistice, âgé de 22 ans.

 

La grande bataille de France commence avec le printemps et s’achève par la victoire et l’armistice du 11 novembre 1918.

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